Nous sommes tous agiles par nature

Ce point de vue, écrit en 2018 devait servir dans une communication d’entreprise. Je l’ai repris et un peu adapté pour être publié ici.
Il est toujours d’actualité.

Au cours de notre vie, nous ne cessons de nous adapter à un environnement extrêmement changeant et inconnu. Sans nous en rendre compte, nous faisons preuve d’agilité à chaque instant.

L’agilité c’est la vie

Imaginez, vous vous rendez chez vos amis ce soir. Vous prenez votre véhicule pour vous y rendre. Vous connaissez le chemin et comptez réaliser le chemin en 34 minutes. C’est le temps que vous mettez d’habitude.

Et là, pas de chance vous tombez en plein bouchon : un accident à 300m, la route est bouchée, vous roulez au pas.

Vous vous rendez compte qu’il y a des rues adjacentes, elles ont l’air moins chargées ouf ! bonne décision vous limitez votre retard chez vos amis.

A quelques encablures, vous sentez que quelque chose n’est pas normal. Vous avez oubliez chez vous le bouquet de fleurs que vous vouliez offrir à vos amis !!
Plusieurs possibilités s’offrent à vous : retourner chez vous (gloups les bouchons), ou trouver un fleuriste ouvert dans le coin. Un coup de recherche géolocalisée et hop un fleuriste pas trop loin qui ne vous fait pas perdre trop de temps.

Finalement vous arrivez chez vos amis avec votre présent, vous remarquez le retard que vous n’aviez pas prévu. Vous vous dites que les prochaines fois vous partirez un peu plus tôt afin de prendre en compte ces aléas.

Autre exemple – un objectif à bien plus long terme – celui d’élever un enfant. Évidemment les enfants ne sont jamais livrés avec un mode d’emploi : qui peut dire qu’il savait à l’avance comment élever son enfant et ce qu’il va devenir à l’âge de 20 ans ?

En tant que parents nous nous efforçons de fournir le meilleur cadre possible, faire les meilleurs choix possibles et nous savons aussi que nous faisons des erreurs. C’est inévitable.

Nous ne pouvons pas prédire l’avenir, alors nous expérimentons.

Nous faisons des hypothèses, nous prenons des décisions et avançons à petits pas, en réajustant en permanence nos comportements pour atteindre nos objectifs de vie. Nous apprenons de façon empirique.

Par nature, nous sommes tous agiles.

A l’origine, pour le développement logiciel

C’est cela l’agilité : expérimenter, apprendre en continu, s’adapter.

D’ailleurs, le Manifeste agile et les mouvements plus récents comme Heart of Agile, Agnostic Agile ou Modern Agile ne disent pas autre chose.

Rédigé Outre-Atlantique en 2001, par un collectif de 17 experts des systèmes informatiques, le Manifeste Agile explique que ses auteurs ont découvert que certaines choses marchaient mieux que d’autres en observant comment ils développaient et comment ils aident les autres à développer : empirisme, collaboration, pragmatisme avant tout.

Lorsqu’il est appliqué au développement logiciel, l’agilité s’associe fortement à la satisfaction des utilisateurs et clients des logiciels, à la notion d’apport de valeur, à la collaboration au-delà des silos des entreprises et à la qualité logiciel.

En conséquence de cela, l’agilité nous force à une compréhension différente d’un développement logiciel :

  • Nous cherchons à obtenir un bénéfice que l’on peut mesurer plutôt que d’obtenir un ensemble de fonctionnalités.
  • Nous acceptons que les seules personnes qui peuvent savoir si le logiciel est adapté sont ceux qui l’utilisent. Nous acceptons qu’il nous faut obtenir ce feedback régulièrement via des périodes de temps courtes, des itérations.
  • Nous comprenons aussi qu’à partir d’un objectif clairement défini, les meilleures personnes pour prendre des décisions pour construire un logiciel sont ceux qui le font.
  • Et enfin nous comprenons qu’il est illusoire de prévoir ce qui se passera dans le futur au-delà d’un ou deux mois : ce sera faux, acceptons-le.

Ces quatre points peuvent facilement être calqués à d’autres domaines que le logiciel vous ne trouvez pas ?

Et l’agilité en entreprise alors ?

L’agilité, c’est avant tout un état d’esprit qui autorise plutôt qu’il n’interdit, qui va ensuite s’associer à un ensemble de pratiques qui vont permettre d’avancer et de progresser sur des bases solides.

Et si nous sommes agiles au quotidien, une fois que nous sommes au bureau, étrangement, nous oublions d’être agiles. Ou plutôt, nous étouffons cet instinct, pour nous conformer aux process imposés par l’entreprise. Nous acceptons des contraintes très importantes, en termes d’organisation notamment, qui vont à l’encontre de ce que nous dit la vie.

Les entreprises sont figées ; et bien sûr, elles ne se sclérosent pas par plaisir, mais par crainte, par prudence, pour tenter de réduire des risques.

On bloque les process qui fonctionnent à peu près, pour se rassurer ; et pourtant le monde est de plus en plus réactif, connecté, incertain. Nous, en tant qu’espèce humaine, sommes toujours vivants grâce à notre capacité d’adaptation. Si l’entreprise ne s’adapte pas mieux, et plus vite, elle mourra en essayant de se protéger.

Vers des organisations vivantes

A tous les niveaux, la vie c’est l’adaptation, le mouvement et aussi l’acceptation d’une fragilité.

Notre corps est constitué d’un amas de cellules qui ont décidé aux cours des millénaires que l’organisation adaptée à aujourd’hui est celle que nous connaissons. Chacune d’elles a besoin des autres cellules pour survivre à son écosystème et elles s’entre-aident dans ce but. Certaines meurent, certaines vivent, certaines s’adaptent dans un seul but : la survie du corps sans quoi toutes les cellules meurent.

Les entreprises ne sont pas différentes : ce sont des organisations qui cherche à survivre à leur écosystème. Actuellement nous pensons que la meilleure organisation est hiérarchique, avec un processus de décisions top-down.

Et ça ne marche plus.

Il est temps de voir les organisations comme des choses vivantes, dont les décisions sont prises au niveau le plus opérationnelle possible et qui participent à un but commun et connu de tous.

Ces nouvelles organisations qui sont nativement de cette nature sont déjà en train de pousser et de grandir.

Elles vous concurrenceront bientôt, puis feront mourir votre propre organisation.

Posez-vous ces questions : quel est le but de votre organisation ? Est-il connu et partagé de tous ? Est-ce que les décisions que vous prenez ou que vos managers prennent sont intentionnellement orientées pour atteindre ce but ?

 

2 outils simples pour améliorer notre rapport aux autres et à soi

Il suffit d’avoir vécu quelques expériences au sein de projets pour s’apercevoir que l’un des facteurs majeurs de succès est le niveau de collaboration et la confiance entre les membres de l’équipe, et aussi à l’extérieur de l’équipe.

Chaque individu participe à élever ou abaisser le niveau de collaboration et de confiance de l’ensemble de l’équipe. Chacun est une partie de ce qui se passe et de ce qui pourrait mieux se passer. La difficulté généralement est de savoir par où commencer pour améliorer les choses.

Je vous propose 2 outils assez simples issus de l’Analyse Transactionnelle (en très simple, l’AT est une manière de comprendre l’individu, les relations avec les autres et la communication) qui permet à chaque personne qui en a la volonté, d’apporter sa part et faire changer la façon dont le monde fonctionne, à son niveau :

  • Les positions de vie
  • Le triangle dramatique

Le premier de ces outils est très puissant car il permet de vérifier dans quel état d’esprit nous sommes. Première étape avant d’interagir avec les autres 🙂

Le second nous fait prendre conscience que l’humain fonctionne majoritairement et de manière inconsciente par des jeux psychologiques lorsqu’il y a conflit. Et ce jeu-ci est simple à détecter.

Les positions de vie

Notre position de vie est la croyance que l’on se fait de notre propre valeur et de celle de l’autre.

Chacun de nous exprime ces croyances à tout moment. Elles peuvent changer durant la journée, la semaine , le mois ou parfois rester la même.
Cette croyance possède deux états :

  • positif : on le verbalise par « je suis ok »
  • négatif : on le verbalise par « je ne suis pas ok »

Il y a donc 4 positions de vie où nous pouvons nous trouver :

  • Je suis ok , vous êtes ok (+/+)
  • Je suis ok, vous n’êtes pas ok (+/-)
  • Je ne suis pas ok, vous êtes ok (-/+)
  • Je ne suis pas ok, vous n’êtes pas ok (-/-)

Maintenant, que signifie chaque position de vie ?

Position +/+ : C’est la position idéale dans laquelle se trouver, donc celle à rechercher. On pourrait la concrétiser comme ceci : « J’estime avoir de la valeur et j’ai conscience de la tienne, nous nous respectons mutuellement. J’écoute réellement ce que tu dis et comprends que tu peux avoir un avis différents du mien et je ne chercherais pas à tout prix de te convaincre que j’ai raison. Nos échanges sont collaboratifs. »

Position +/- : « Je pense que je vaut mieux que toi ». Cette position se traduit par deux comportements bien différents : soit l’autre nous fait pitié du genre « mon pauvre ça n’a pas l’air simple, laisse je vais m’en occuper », soit nous le méprisons « c’est toi qui a fait ça ? ok la prochaine fois tu laisseras faire les pros s’il te plait ». Dans ces deux cas, nous avons un sentiment de supériorité.

Position -/+ : « Je pense que je vaut beaucoup moins que toi ». Cette position traduit un sentiment d’infériorité et nous nous dévalorisons. Un exemple de cette position serait « Oh la la, je ne vais pas aller lui parler ! Sur quel sujet intelligent je vais m’entretenir avec lui, il va me prendre pour un gros nul » ou « les autres font toujours mieux que moi ».

Position -/- : « Je ne vaut rien et toi non plus ». Cette position est dangereuse car c’est celle du renoncement, lorsqu’on n’arrive plus à voir du positif. Cela peut mener à la dépression.

Naturellement nous prenons tous une de ces positions par défaut. En prendre conscience va vous permettre de décider si vous êtes dans la position où vous souhaitez être, ou d’en changer 🙂

Le triangle dramatique

Voici quelques situations de vie :

Vous rentrez chez vous et vous parlez à votre enfant qui n’a pas fait ses devoirs, vous vous fachez contre lui car vous trouvez que cela n’est pas responsable ni acceptable, et votre femme prends la défense de votre enfant et vous explique qu’il a fait de son mieux, qu’il est tard et qu’il est temps qu’il aille se coucher.

Vous êtes développeur dans une équipe. Votre chef remonte une insatisfaction importante en effet le logiciel que vous développez comporte beaucoup d’anomalies. Vous expliquez que vous avez travaillé très tard ces dernières semaines, que vous aviez aussi des problèmes personnels qui fait que vous aviez la tête ailleurs, qu’en gros vous n’y pouvez rien.

Ces exemples sont des illustrations du triangle dramatique de Karpman.

Karpman a mis en évidence un jeu psychologique que l’on présente sous forme de triangle car il met en scène 3 rôles liés.
Lorsqu’un personne décide de se mettre volontairement dans un de ces rôles lors d’un échange (souvent conflictuel), l’autre personne est poussée à prendre l’un des deux rôles complémentaires. Oui c’est de la manipulation.

Ces rôles sont :
La Victime : Il s’agit d’une personne qui va chercher à se montrer comme faible, impuissante, agressée afin de ne pas être tenue pour responsable, de ne pas avoir à exprimer des idées ou à prendre des décisions. Cette position va attirer les Sauveurs qui voudront la sauver à tout prix ou va forcer une personne à prendre le rôle du Persécuteur pour justifier sa position.

Le Sauveur : Les personnes prenant un rôle de Sauveur recherchent de la gratification pour l’aide qu’ils accordent à la Victime. La conséquence de l’apport de cette aide est que la Victime reste dans l’inaction. C’est aussi une manière pour le Sauveur d’orienter son attention sur les problèmes des autres plutôt que sur les siens.

Le Persécuteur : Il s’agit de la raison d’être de la Victime. Il juge, critique, blâme, questionne.

L’entrée dans un triangle dramatique se fait soit par la Victime soit par le Persécuteur car la cause de cela est une mécommunication entre ces 2 acteurs.
Mais que ce soit par la Victime ou par le Persécuteur, l’autre acteur a le choix d’entrer ou non dans le triangle. Et si c’est un choix ce n’est donc pas une fatalité.

De même que les positions de vie, connaitre le jeu psychologique du triangle de Karpman permet d’être conscient de ce qu’il se passe et de l’accepter, ou de le refuser 🙂

Auto exercice pratique

Pensez bien qu’aucun de ces 2 sujets ne résout des problèmes, ils mettent en évidence ce qui se passe entre des personnes ce qui est déjà énorme vous en conviendrez.

Après cette lecture, est-ce que tout cela vous parles ?
Quelle position de vie prenez vous naturellement ?
Et avez-vous identifié des situations personnelles où le triangle de Karpman se manifeste ?
Quel a été votre rôle ?
Maintenant que vous connaissez le « truc », comment allez vous en sortir ?

 

Confondre vitesse et précipitation

« L’équipe est à combien de vélocité ? »
« Pourquoi vous faites pas monter votre vélocité ? »
« Pour qu’on soit dans les temps, je vous demande de multiplier par 2 votre vélocité »

Ces quelques exemples reéls montrent qu’il arrive souvent que la vélocité soit prise par les personnes extérieures aux équipes Scrum, mais parfois aussi par le Product Owner ou le Scrum Master, comme une mesure de productivité d’une équipe.

Déjà. De quoi parle-t-on.

Définissons la vélocité d’une équipe. Il faut savoir qu’il n’est nullement question de vélocité dans le Scrum Guide. C’est un outil qui s’est constitué pour les équipes afin de prévoir (et non pas prédire) la quantité de d’elements qu’une équipe est capable de délivrer pour la prochaine itération. Elle se calcule en faisant la somme des points de complexité des éléments TERMINES durant la précédente itération. On peut lisser cette vélocité en prenant les valeurs des 3 derniers sprints pour obtenir une valeur plus stable. Cette valeur aide l’équipe à définir le contenu d’un sprint « à peu près ». Et c’est suffisant en terme de planification.

Définissons aussi ce que l’on appelle la productivité.
Si je m’en réfère à wikipedia : la productivité du travail est définie comme la production (quantité de biens ou de services produits) obtenue pour chaque unité du facteur de production (comprendre ressource) « travail » utilisé.
Dans le cas d’une équipe Scrum, la quantité de biens produits pourrait être le nombre de User Stories produites, ou la somme des points de complexité des user stories produites, ou le nombre de ligne de codes pour réaliser les user stories produites et l’unité du facteur de production utilisé pourrait être une équipe Scrum durant une itération.

La productivité d’une équipe serait donc le nombre de User Stories produites durant une itération, ce serait la vélocité de l’équipe ?

Non.

Et n’est pas non plus une mesure de la vitesse à laquelle une équipe ponds des stories.

La vélocité, une mesure quand même ?

On va se le redire tout de suite : oui c’est une mesure, nous l’avons vu plus haut. Non ça ne mesure pas la productivité d’une équipe.

Soyons honnête : on parle de métiers intellectuels, de recherche de solution à des problèmes pas d’une usine d’assemblage de pièces, toutes identiques les unes les autres. Ce n’est pas possible de calculer une productivité qui veuille dire quelquechose.
Un logiciel informatique est un ensemble de composants tous différents, du code spécifique à chaque problème à résoudre. Il n’est donc pas possible de dire « aujourd’hui j’ai fait 10 lignes de code, demain je dois faire pareil » ou « ma productivité est de 1 story par semaine ». NON.

La vélocité est un outil de planification, pas une mesure de productivité et de contrôle.

Elle sert à une équipe à jauger de sa capacité à pouvoir terminer des choses dans un temps donné. Point.
Cette mesure est dépendante de chaque équipe, de chaque produit et du niveau de collaboration entre tout les membre de l’équipe. A la poubelle les modèles, abaques, comparaison de vélocité entre équipe.

J’aime bien utiliser la comparaison avec tetris : L’objectif d’une itération pourrait correspondre à compléter 4 lignes de tetris. Pour faire ces 4 lignes, l’équipe définit la taille des blocs que lui présente le Product Owner puis les pose 1 à 1. Lorsque l’équipe pense avoir rempli les 4 lignes, l’équipe s’arrête de remplir : objectif atteint !

Lors des premières itérations, l’équipe se rendra compte qu’elle ne sait pas remplir 4 lignes mais 3.5 ou au contraire est capable de remplir 5 lignes. C’est cette mesure de la somme des tailles de blocs que l’équipe est capable de réaliser au cours d’une itération qui corresponds à sa vélocité.

Et elle n’est pas fixe. Parfois on se rate est on fait moins de blocs, parfois l’équipe atteint un niveau de collaboration idéal et en état de Flow, elle remplit 6 ou 7 lignes : c’est une estimation qui permet de se fixer un objectif atteignable et potentiellement reproductible.

Ce qui marche avec des blocs de tetris marche aussi avec le développement logiciel : on cherche à estimer ce que l’on est capable de faire et non à chiffrer dans le détail. Pas la peine de passer 2 jours à chiffrer le moindre traitement : le niveau de précision de ce que l’on sera capable de faire ne sera pas meilleure que de passer 2 heures à définir cette capacité en story points, en taille de t-shirt ou en patates.

La mesure d’avancement doit être un logiciel qui fonctionne, pas le nombre d’heure qu’un dev passe à coder un algo python.

Okay et on fait quoi alors si je veux utiliser la vélocité autrement ?

Déjà se creuser la tête pour identifier ce que l’on souhaite réellement : planifier ? organiser le travail ? Communiquer ? Selon l’objectif visé, la stratégie pour l’atteindre sera différent.

Si on s’en tient à l’usage correct de la vélocité : utilisez cette mesure pour identifier un problème dans l’équipe, pour jauger de la capacité de l’équipe, pour estimer l’atterrissage dans le temps d’une version de logiciel.
Et cela ne marche qu’avec une équipe stable et des éléments à réaliser de taille comparable, livrés régulièrement. Il faut donc être TRES prudent lorsque l’on utilise cette mesure.

Et si vous voulez faire autre chose avec la vélocité, de toute évidence ce n’est pas bon signe. Interrogez-vous. Quel est votre intention en manipulant ainsi la vélocité ? N’êtes-vous pas en train, doucement, de glisser vers un bon vieux système command & control ? Et si vous exprimiez votre inquiétude à cette équipe pour travailler ensemble à trouver la meilleure solution ?

Et si vous abandonniez carrément l’usage de la vélocité et testiez l’usage du #noEstimates ?



 

Rétrospective 2018

Il s’agit ci-dessous de mes réflexions sur l’année professionnelle 2018 compte tenue de ma tendance à oublier des éléments qui parfois peuvent être importants 😀

2018 aura été une année multiple. Éprouvante, enrichissante, inattendue.

J’ai passé cette année à faire quasi exclusivement des choses que je n’avais jamais faites. Et je vous assure que passer une année entière en dehors de sa zone de confort c’est éprouvant.

Dans les grandes lignes et sans ordre d’importance, je suis passé de Shu à Ri (j’y suis pas totalement) sur Scrum, appréhender le rôle de manager dans un environnement complexe, donner l’exemple d’un autre modèle de management auquel je crois, j’ai coconstruit et animé une communauté nationale de pratique Agilité, recruté des agilistes convaincus et qui me poussent à ne pas me contenter du simple nécessaire, j’ai vécu des départs déchirants, des projets agiles catastrophiques, j’ai vu des équipes merveilleuses, soudées et motivées, j’ai eu des jours où je me suis dit que la vie est géniale et d’autres où j’ai eu envie de tout lâcher (parfois dans la même journée), j’ai partagé des émotions intenses.

Objectifs 2018 ?

Dans la lignée de mes objectifs annuels précédents, aucun des objectifs que je m’étais fixé début 2018 n’a été atteint.
A vrai dire, c’est en rédigeant cette rétrospective que je me suis rappelé en avoir définis plusieurs. J’ai du cherché où je les avait noté. On peut dire que je ne risquais pas de les atteindre

J’en avais d’autres cependant. Eux n’étaient pas écrits mais étaient dans ma tête. Ceux-ci sont ambitieux :

  • Faire naitre une vraie agilité chez Open
  • Aider à changer la culture de l’entreprise par le partage et la transmission de nos connaissances et nos passions
  • Rassembler autour de la première des valeurs qui comptent : l’humain.

Nous n’avons qu’une seule vie, faisons en sorte de faire les bonnes choses de toutes ces journées.

Mes réussites cette année

  • Avoir repris le rôle de leader de la communauté de practice Agilité et faire en sorte qu’elle avance. Pas à pas.
  • Avoir aidé à changer des pratiques du recrutement
  • Appliquer des pratiques du management 3.0
  • Accompagner des équipes Scrum vers le succès

Mes échecs / mes apprentissages

  • Équilibre vie pro/vie perso. Ce fut une catastrophe cette année. Par passion certes mais la passion ne fait pas tout. J’avais de grosses ambitions cette année et j’avais envie que tout avance de front. Globalement ce fut un succès du point de vue pro mais j’ai été un fantôme pour ma famille. Lorsque l’on parle d’agilité, on parle souvent de focus sur la valeur que l’on apporte au temps que l’on donne, j’ai oublié une part importante cette année et on me l’a rappelé fortement en fin d’année. Le travail peut attendre, pas la famille ni les amis.
  • On ne peut pas forcer les gens à changer. 2018 a été une année où j’ai beaucoup animé de formations à l’agilité. Expliquer le manifeste, les valeurs, les principes, Scrum, Kanban, l’état d’esprit avant tout autre chose.
    J’avais dans l’idée (naïve) que l’on comprendrait qu’il s’agit d’un changement attitude, d’un moyen pour mieux travailler, mieux collaborer, mieux communiquer.
    J’ai constaté que pour beaucoup, l’agilité est surtout un élément pour sortir du lot, pour être mieux payé, trouver un autre job ou faire du business.
    J’ai constaté aussi que les personnes qui sont rééllement interressées n’ont pas besoin qu’on les force. Ces personnes viennent d’elles-même poser des questions sur des problèmes qu’elles rencontrent pour trouver comment faire autrement.
    Si on veut faire progresser l’agilité dans une organisation, il faut inviter les personnes qui en ont envie : on ne peut pas forcer les gens à changer.
  • La gestion de mes émotions et de mes besoins. S’il y a bien un espace où j’ai pris une claque c’est bien celui-là. Jusqu’à cette année j’ai vécu en control freak de mes émotions par peur de ne pas savoir les maitriser. Finalement cela m’handicapait plus que cela ne me sauvait car j’étais en grande difficulté à identifier ce que je voulais et à l’exprimer. Plusieurs personnes avec qui j’ai travaillé cette année m’ont aidé à lâcher, à écouter et comprendre mes émotions et donc mes besoins. De façon empirique ou de manière méthodique par la CNV par exemple. Je suis loin de me connaitre réellement mais au moins maintenant j’en ai conscience. Merci à eux <3

Et 2019 ?

Je reboucle sur le début de cet article : j’oublie mes objectifs que je me fixe en début d’année. L’un des principes qu’il faut s’appliquer à soi c’est d’accepter de ne pas être parfait, d’avoir raté quelque chose et de reprendre là où on s’est arrêter.
Pour qu’un objectif tienne il faut qu’il soit grand, ambitieux, qui donne envie de le suivre mais il doit aussi s’adapter avec le temps car on ne sait pas prévoir ce qui va se passer dans les prochaines semaines/mois.
Et c’est une de mes managés qui a trouvé ce qu’il me fallait, une pratique qu’elle utilise depuis des années : les OKR (Objectif Key Result) accompagnés d’une démarche agile : inspection et adaptation :

Plutôt que de définir des résolutions qu’on ne respectera pas, définissons 1 grand objectif pour le prochain trimestre et 3 résultats clés mesurés que l’on attends par cet objectif. Et ENSUITE définissons semaine après semaine les actions qui nous permettent d’atteindre cet objectif.

Rendez-vous fin 2019 pour le debrief 🙂

 

On mange quoi ce soir ?

Je me souviens il y a quelques années, lorsque je rentrais chez moi après une journée bien remplie se posait la question du dîner. Globalement soit ma femme, qui adore cuisiner, prenait ce qui se trouvait dans le frigo et confectionnait un plat toujours délicieux. Pour moi qui ne sais absolument pas cuisiner c’est comme un tour de magie.

on mange quoi ?

Puis nous avons eu des enfants. 2. Et lorsque l’on a des enfants, on n’a clairement moins de temps pour tout ce qu’on faisait avant.

Pas le temps de se poser, pas le temps de réfléchir à ce qu’on mange et pas trop de temps pour cuisiner non plus.

Bref, la question systématique de fin de journée c’est : « On mange quoi ce soir ? » (multiplier par le nombre d’individu présents sur place). Et apparemment nous ne sommes pas seuls ^^

Quand on y pense, cette question banale peut trouver une réponse simple en recherchant ce qu’on a mangé

  • hier,
  • avant-hier,
  • la semaine dernière,
  • le moi dernier, etc…

et récupérer ces idées pour les réutiliser ce soir.

Le problème c’est que nous avons une mémoire légèrement meilleure qu’un poisson rouge et donc se rappeler ce qu’on a mangé le mois dernier n’est pas si simple. Et si on notait tout ça ? Juste les noms des recettes. On pioche au hasard parmi la liste, ensuite on se débrouille pour retrouver la recette sur le net, ça c’est facile.

D’où la création, pour moi et ma femme au moins, de ce service que j’ai mis au point qui s’appelle « On Mange quoi ? »

On mange quoi ce soir

Rien de très compliqué ici :

  • On peut ajouter des idées de repas (entrée, plat, dessert) selon la saison,
  • Au hasard, mais de saison, le service propose une des idées qu’il a en stock,
  • Un clic à l’écran = une nouvelle proposition d’idée.

Avec ça, en 5 minutes on sait ce qu’on mange ce soir. Reste plus qu’à cuisiner 🙂

(Et puis j’en ai fait une appli android mais ça on en parlera plus tard 🙂 )


 

Crédit photo : Floris van Halm

 

Warm up

S’exprimer ? Ne pas s’exprimer ?

… S’exprimer.

Ici est donc mon espace d’expression qui complète mon (mes?) compte Twitter.

Je le vois comme un endroit pour poser mes questions, réflexions, résultats sur les sujets qui me tiennent à cœur.

  • Le web, tout ce qui touche aux systèmes d’informations et le secteur public.
  • L’entreprise et le milieu professionnel (cet univers impitoya-a-ble)
  • Mes projets personnels

Tout ça s’ajoutera petit à petit ^^